L'assistanat

A une époque où “l'assistanat” est totalement diabolisé, autant à gauche qu'à droite, et en haut qu'en bas, comment revaloriser l'usage des prestations sociales, de la “sécurité sociale” ?

La société du travail exclue de plus en plus de monde. Or, quand on n'est plus dans ce système, ou très peu (temps partiels, emplois précaires: les travailleurs pauvres), il devient quasi-impossible de vivre, d'où la création des minima sociaux. L'usage de ces derniers est donc tout à fait légitime pour les personnes exclues du travail.

Hélas, ces miettes accordées aux plus pauvres sont à peine suffisantes. Prenons le cas du RSA: en 2012, comment vivre avec 400 et quelque euros? La fraude s'impose alors à un grand nombre de personnes. Non pas par cupidité, mais par nécessité, on va se déclarer isolé plutôt qu'en couple, on n'ira pas aux convocations de Pôle emploi... Toutes sortes de techniques sont présentées ici. Et lorsque la radiation pointe son nez: recours-radiation.fr.

Mais l'usage des prestations sociales, voire la fraude, sont-elles légitimes uniquement pour les pauvres, travailleurs ou non, et autres exclus du monde du travail? En somme, une personne refusant sciemment le travail a-t-elle le droit de toucher des allocs? Légalement, elle n'a pas le droit, car pour toucher le RSA, on ne peut pas refuser plus de 5 offres d'emploi. Mais la réalité est différente...

Un dégoûté du travail, un fainéant, un idéaliste, peut-il moralement toucher les allocations? S'il le fait pour se consacrer à des activités non rémunérées mais socialement utiles, comme l'humanitaire ou le militantisme, est-ce acceptable alors?

Chacun aura sa propre réponse. La nôtre est la suivante: dans une société qui ne nous laisse guère le choix, qui nous fait vivre dans le dénuement afin de nous mettre au boulot, d'y consacrer tout notre temps et toute notre énergie, souvent dans des conditions pourries et à des fins inutiles ou nuisibles, tous les moyens sont bons pour s'en extraire le plus possible et tenter de vivre avec un minimum de liberté, de dignité et de joie, cette unique vie qui nous est offerte. Tous les moyens, à condition de ne pas faire souffrir d'autres personnes. Quémander 400 euros par mois de RSA, ne peut pas faire de mal à grand monde. En attendant un revenu universel, égal au SMIC, accessible sans conditions. Et surtout, en attendant d'être totalement autonomes et d'avoir le droit de choisir ce que nous faisons de notre vie, ce qui serait un minimum dans une société libre et démocratique.


Pour aller plus loin

  • Sur le net
    • Les fiches pratiques de l'Inconsolable, pour paresser en paix (quitter son travail, toucher des allocs, vivre sans travailler...) l1consolable.free.fr