Lisbonne - Détruisons le travail

Nous nous foutons des soucis de ceux qui voient dans le chômage un danger pour la démocratie et l’ordre social. Nous ne ressentons aucune nostalgie vis-à-vis de la perte d’emploi. Nous ne réclamons pas de meilleurs salaires ni le maintien des allocations. Nous ne voulons pas non plus l’abolition du travail, ni des modes de vie alternatifs, ni la simplicité volontaire pour vivre joyeusement.

Nous voulons la destruction de ce système qui nous fait mendier pour le minimum nécessaire qui nous permet juste d’éviter de crever de faim.

Nous voulons la destruction du travail et de cette société, de ce que nous faisons la journée entière et qui nous poursuit jusque dans la nuit, un cycle perpétuel qui ne semble jamais vouloir s’achever. Prisonniers dans cette prison sans murs ni barreaux, mais dont l’objectif est le même : la résignation face à ce qu’ils nous ordonnent, face aux patrons et à leurs ordres et face aux flics qui les protègent et qui protègent ce que nous voulons détruire.

Nous voulons la destruction de ces règles qui nous maintiennent dans cet état, prisonniers d’un boulot qui nous vole tout : notre temps, notre créativité, notre énergie.

La destruction du travail est avant tout destruction de la survie, elle réclame un bond vers l’inconnu et, surtout, une créativité infinie.

Détruire le travail signifie attaquer, attaquer ce sur quoi le travail est basé et ce qu’il produit. L’attaque n’affecte pas indirectement le profit, comme le fait une grève, mais la structure directement, à la fois les moyens de production et le produit fini. Et l’objet à détruire est non seulement propriété, mais aussi travail, puisqu’il est un résultat de celui-ci.

Pour la libération de nos vies, détruisons le travail et toute cette société.

[Tract distribué par des anarchistes à Lisbonne lors de la manifestation du 29 mai 2010. Traduit de Angry News from Around the World.]